• Enlevement d'enfants

     Un déplacement d'enfant est une situation très délicate et complexe, tout particulièrement lorsque plusieurs pays sont concernés. Les parents victimes sont soudainement désorientés et éprouvent un sentiment d'impuissance. Pour récupérer leur enfant, ou simplement obtenir de leurs nouvelles, le ou les parents victimes devront surmonter, leur émotion et des obstacles d'ordre pratique. Leurs ressources émotionnelles et financières seront également mises à l'épreuve. Chaque cas est unique, de plus chaque pays ayant sa propre législation et son propre système juridique, une décision judiciaire prononcée dans un pays ne sera pas forcément applicable dans un autre. Pour pallier à cette lacune la France a conclu des accords avec certains pays et surtout elle a ratifié, le 1er décembre 1983, un traité international sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants, signé à La Haye le 25 octobre 1980. La Convention de La Haye et les divers accords mis en place permettent de venir en aide aux parents dont les enfants ont été déplacés puis emmenés dans un autre pays. Dans tous les cas, il est important que vous participiez activement à la Recherche de votre enfant lorsqu'il a été déplacé. CONSEQUENCES POUR L'ENFANT D'UN ENLEVEMENT PARENTAL PROLONGE "L'enlèvement" d'un enfant est une situation brutale, imposée par la force, souvent avec plus ou moins de violences. Il témoigne d'un conflit parental hyper-aigu où l'enfant est otage, objet que l'on s'approprie. Il n'est pas placé en dehors du conflit entre ses parents donc pas déculpabilisé de leur séparation. AU CONTRAIRE. Dans la quasi-totalité des cas l'enfant subit une insécurité totale pour un motif qu'il ne connaît pas : changement de pays, de langue, de moeurs, pour combien de temps, pour quel motif, quel espoir..... Rien n'est dit, ni explicité ni parlé. * L'enfant est atteint très vite de ce qu'on a appelé le syndrome de Stockholm que vivent les otages, en règle générale, quel que soit le motif de la prise d'otage. C'est d'abord une complicité avec son ravisseur car s'il y a danger pour lui, il y a danger pour les deux : l'enfant n'a plus que son ravisseur pour assurer sa sécurité, sans lui il est perdu .... De plus son ravisseur lui explique dès le départ : "Si tu parles, si on nous retrouve, j'irai en prison et ce sera de ta faute". D'où l'angoisse profonde d'une culpabilité éventuelle envers le parent-kidnappeur qu'il aime aussi bien sûr. L'enfant se trouve ainsi brutalement plongé dans une situation très ambiguë, "partagé" entre deux réalités dans les deux cas sources d'angoisses : que l'enlèvement se prolonge ou que l'enfant soit retrouvé. * Les réactions de l'enfant sont différentes selon l'âge auquel il a subi l'enlèvement : . s'il était très petit (moins de 5 ans) on lui dit : "ta mère/ton père t'a abandonné, elle/il est parti(e) loin" ou bien : "ta mère/ton père est mort(e) et je t'ai recueilli" . entre 5 et 10 ans le lavage de cerveau est plus subtil, plus lent mais à la longue il peut être terriblement efficace avec pour thèmes : le désintérêt, l'abandon, soigneusement organisés par le kidnappeur (impossibilité de toute communication) . après 10 ans l'enfant ne dit rien mais n'oublie rien. Il sait, il a compris, il attend ... Il est impuissant mais il garde ses souvenirs, ses certitudes. D'où un certain nombre d'enfants "enlevés" qui à 18 ans s'adressent aux Consulats de France et demandent à pouvoir retrouver leur mère/père. Nous en avons connu plusieurs aux U.S.A., en Israël, Algérie, etc.... 18 ans c'est l'âge d'être libéré de la contrainte du kidnappeur.... QUELLES SONT LES CONSEQUENCES LOINTAINES ? * D'abord il y a le traumatisme initial qui développe un sentiment d'insécurité parfois très grave et durable qui retentira sur la vie entière de l'enfant. * L'enfant apprend à dissimuler : sa peur, ses sentiments, ses pensées, ses actes. Mais parfois, s'il surmonte ce handicap, cela peut le rendre plus fort, plus sûr de lui - mais très méfiant envers les autres.... * Privé pendant de longues années de l'un de ses parents (le plus souvent la mère), l'enfant est ainsi privé d'une part de son identité, surtout si l'enlèvement s'est produit très tôt. * L'enfant enfin peut être amené à haïr le responsable de ses malheurs : cette mère ou ce père qu'on lui décrit sous le jour le plus horrible, le plus faux et qui "dérange" parfois une nouvelle vie bien installée. D'expérience il est permis d'affirmer deux idées fortes : * l'enfant, même tout petit, a enfoui tous ses souvenirs mais ne les a pas effacés * si l'enlèvement a été long, très long, le lien avec le parent manquant ne peut plus se reconstituer normalement, comme l'enfant et la mère/ le père l'imaginaient et le souhaitaient. Ces enfants là ont été spoliés de leur enfance, souvent de la tendresse, des câlins, du rapport de complicité .... Pour la mère/le père comme pour les enfants, la période de l'enlèvement est un manque, un vide jamais comblé ni réparable. CONCLUSIONS : Toutes ces hypothèses se conjuguent et il n'existe pas d'enlèvement d'enfant typique. Cependant en gros, on peut distinguer trois cas : * les enlèvements où l'enfant est localisé et où il sera rapidement remis dans son lieu de vie habituel (de 6 mois à deux ans). C'est le cas lorsqu'il y a application de conventions * les enlèvements où l'enfant est localisé mais dans un pays avec lequel il n'y a pas de convention ou une convention non appliquée donc l'enlèvement peut durer de très nombreuses années * les enlèvements où l'enfant est caché, introuvable, que l'on sache ou non dans quel pays il pourrait être. Dans les deux premiers cas, il est essentiel de préserver au maximum ce qui est possible des relations mère ou père/enfant lorsque l'enfant est localisé mais retenu à l'étranger : courriers, colis, téléphones mais surtout exiger un droit de visite régulier de la mère/du père à ses enfants même si les conditions en sont difficiles, insuffisantes et nécessitent avocat, référé, procureur etc... chaque année. Ceci est indispensable pour l'enfant : cela reconstitue la relation maternelle / paternelle, rétablit la vérité - même si au départ l'enfant la refuse - cela entretient l'espoir, dénie l'abandon, redonne un certain équilibre et répare au moins partiellement le traumatisme toujours grave qu'est l'enlèvement. Dans le dernier cas, il ne faut jamais interrompre les Recherches, les démarches, ne jamais perdre l'espoir. L'enfant devenu majeur saura, bien souvent, retrouver lui-même son pays, sa mère / son père et il faudra être prêt(e) à l'accueillir".

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